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Bouquiniste En Normandie

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Livres anciens et modernes

St Domingue 3  

 

crocodile

  Indiens de la Floride tuant un crocodile

 


Salons, foires et brocantes

Salon des métiers du livre, grenier à Sel HONFLEUR

Samedi 5 juillet 2014

10 h - 18h

A découvrir

costumes Nouvelle Zélande 

Costumes des habitants de la Baie des Iles

Nouvelle Zélande

 


 

costumes des habitants de Floride

  Costumes des principaux habitants de la Floride


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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 14:20

huysmans2l'oblat

 

Huysmans commença la rédaction de son dernier roman le 5 décembre 1901, peu après son installation chez les Bénédictins de la rue Monsieur.

A ce moment, le projet de roman liturgique est définitivement intégré dans celui, plus large, de l'Oblat, qui reste en effet fidèle à sa première inspiration. "Il ne faut pas, écrit Baldick, chercher le message profond de l'Oblat dans son contenu polèmique ou liturgique, mais dans les passages traitant de ce qui représentait pour Huysmans le problème central de l'existence humaine, c'est à dire la question de la souffrance (...) Désireux avant tout de faire passer ce message à ses lecteurs, tout en leur enseignant la liturgie, Huysmans ne se préoccupa guère de la forme de son roman. Tout au plus donna-t-il à l'Oblat une mince intrigue, alors que son précédent roman en était totalement dépourvu...

Cahiers de l'Herne Huysmans  - Philippe Lauvaux

 


 

L'Oblat - J. K. Huysmans - 1903 Stock Editeurs, extrait :


La chaleur avait été, pendant cette journée, accablante. Après le Salut, précédé de la procession solennelle instituée par Louis XIII en souvenir de la consécration de son royaume à la Madone, Durtal, de retour chez lui, s'était assis à l'ombre du grand cèdre, dans le jardin.


Là, il réfléchissait à cette festivité qui était pour lui la fête de la Libération, de l'Anodynie, la fête par excellence de Notre-Dame ; elle l'incitait à envisager la Mère sous un aspect spécial, car elle remettait en avant, à propos d'Elle, le terrible problème de la Douleur.


N'avait-elle pas, en effet, joué un rôle étrange - immense à la fois et limité dans la vie de la Vierge ?


Pour essayer de comprendre la raison d'être de cette effroyable Bienfaitrice, de cette salutaire Euménide, il fallait remonter aux premiers âges du monde, entrer dans cet Eden où dès qu'Adam eut connu le péché, la Douleur surgit. Elle fut la première née de l'oeuvre de l'homme et elle le poursuivit depuis lors sur la terre, par delà le tombeau, jusqu'au seuil même du Paradis.


Elle fut la fille expiatrice de la Désobéissance, celle que le baptême qui efface la faute originelle, n'arrêta pas. Elle ajouta à l'eau du Sacrement l'eau des larmes ; elle nettoya les âmes, autant qu'elle le put, avec les deux substances empruntées au corps même de l'homme, l'eau et le sang.


Odieuse à tous et détestée, elle martyrisa les générations qui se succèdèrent ; de père en fils, l'antiquité se repassa la haine et la peur de cette Préposée aux oeuvres divines, de cette Tortionnaire, incompréhensible pour le Paganisme qui en fit une déesse mauvaise, que les prières et les présents n'apaisaient pas.


Elle marcha sous le poids de la malédiction de l'humanité pendant des siècles ; lasse de ne suggérer, dans sa besogne réparatrice, que des colères et des huées, elle attendit, elle aussi, avec impatience la venue du Messie qui devait la rédimer de son abominable renom et détruire ce stigmate exécré qu'elle portait sur elle.


Elle l'attendait comme le Rédempteur et aussi comme le fiancé qui lui était destiné depuis la chute et elle réservait pour Lui ses furies de ménade amoureuse, jusqu'alors réprimées, car elle ne pouvait distribuer depuis qu'elle remplissait sa mission de goule sainte et triste, que des tortures presque tolérables ; elle rapetissait ses désolantes caresses à la taille des gens ; elle ne se livrait pas, toute entière, à ces désespérés, qui la sentaient rôder dans les alentours, sans trop s'approcher d'eux.


Elle ne fut vraiement l'amante magnifique qu'avec l'Homme-Dieu. Sa capacité de souffrances dépassait ce qu'elle avait connu. Elle rampa vers Lui, en cette nuit effrayante où, seul, abandonné dans une grotte, il assumait les péchés du monde, et elle s'exhaussa, dès qu'elle l'eut enlacé et devint grandiose. Elle était si terrible qu'Il défaillit à son contact ; son agonie ce furent ses fiançailles à elle ; son signe d'alliance était, ainsi que celui des femmes, un  anneau, mais un anneau énorme qui n'en avait plus que la forme et qui était en même temps qu'un symbole de mariage, un emblème de royauté, une couronne. Elle en ceignit la tête de l'Epoux, avant même que les Juifs n'eussent tressé le diadème d'épines qu'elle avait commandé, et le front se cercla d'une sueur de rubis, se para d'une ferronnière en perles de sang.


Elle l'abreuva des seules blandices qu'elle pouvait verser, de tourments atroces et surhumains et, en épouse fidèle, elle s'attacha à Lui et ne le quitta plus ; Marie, Magdeleine, les saintes femmes n'avaient pu marcher, à chaque instant, sur ses traces ; elle, l'accompagna au prétoire, chez Hérode, chez Pilate ; elle vérifia les lanières des fouets, elle rectifia l'enlacement des épines, elle alourdit le fer des marteaux, s'assura de l'amertume du fiel, aiguisa le fer de la lance, effila jalousement les pointes des clous.


Et quand le moment suprême des noces fut venu, alors que Marie, que Magdeleine, que Saint Jean, se tenaient, en larmes, au pied de la croix, elle, comme la Pauvreté dont parle Saint François, monta délibérément sur le lit du gibet et, de l'union de ces deux réprouvés de la terre, l'Eglise naquit ; elle sortit en des flots de sang et d'eau du coeur victimal et ce fut fini



solesmes

 

 

le Christ, devenu impassible, échappait pour jamais à son étreinte ; elle était veuve au moment même où elle avait été enfin aimée, mais elle descendait du calvaire, réhabilité par cet amour, rachetée par cette mort.


Aussi décriée que le Messie, elle s'était élévée avec Lui et elle avait, elle aussi, dominée et anoblie ; elle était dorénavant compréhensible pour les chrétiens et elle allait être jusqu'à la fin des âges aimée par des âmes qui la devaient appeler pour hâter l'expiation de leurs péchés et de ceux des autres, l'aimer en souvenir et en imitation de la Passion du Christ.


Elle avait eu barre sur le Fils pendant quelques heures - onze, le chiffre de la transgression - si on les compte de l'arrivée au jardin des Oliviers jusqu'au moment du trépas ; sur la Mère, elle eut une plus longue prise.


Et c'est là où l'étrangeté de cette possession indue s'atteste.


La Vierge était la seule créature humaine dont elle n'avait pas logiquement le droit de s'éprendre. L'Immaculée Conception n'avait rien à démêler avec elle ; et d'autre part, Marie n'ayant, durant son existence terreste, jamais péché, se trouvait par cela même imperméable, dispensée de ses sévices compensateurs et de ses maux.


Il fallut donc pour qu'elle osât l'aborder une permission spéciale de Dieu et le consentement de la Mère qui pour se rendre plus semblable à son fils et coopérer, selon la mesure de ses moyens, à notre Rédemption, accepta de compatir et d'endurer, sous la croix même, les affres souveraines du Dénouement.


Mais la Douleur n'eut point d'abord avec elle ses coudées franches. Sans doute, elle la marqua de son épreinte, au moment même où répondant à l'ange Gabriel "Fiat" Marie aperçut, se détachant dans la lumière divine, l'arbre du Golgotha ; mais cela fait, il lui fallut reculer et se tapir à distance. Elle vit de loin la Nativité, mais elle ne put pénétrer dans la grotte de Bethléem ; ce ne fut que plus tard, alors que la fille de Joachim vint pour la Présentation, au Temple, que, sur le sésame prononcé par le prophète Siméon, elle bondit, de son embuscade, dans l'âme de la Vierge et s'y implanta.


Depuis ce moment, elle y vécut comme chez elle. Elle était, pour parler vulgairement, entrée dans la place ; elle n'y était cependant point maîtresse absolue, car elle n'y résidait pas seule. La joie cohabitait avec elle ; la présence de Jésus suffisait pour que l'âme de la Mère débordit d'allégresse. Elle ne disposait donc que d'une part restriente, que d'un pouvoir limité. Il en fut sans doute ainsi jusqu'a la trahison de l'Iscariote. Alors la Douleur prit sa revanche, elle s'avéra despotique, entière, et elle accabla si terriblement la Madone que l'on put croire qu'elle avait épuisé la lie désolée du calice. Il n'en fut rien.


Si la douleur fulgurante, aigüe du crucifiement avait été précédée pour elle par la douleur lancinante, sournoise du jugement, elle fut encore suivie de la souffrance, dévorante, têtue, d'une autre attente, de celle de ce jour où elle rejoindrait enfin là Haut, loin de cette terre qui les avait tant honnis, son Fils.


Ce fut donc, en l'âme de la Vierge, comme une sorte de tryptique. La Douleur prépotente, parvenue à l'état intense sur le panneau du milieu et de chaque côté, l'angoisse, le ténesme d'une attente ; les deux volets différant pourtant, en ce sens, que l'attente d'avant la crucifixion avait pour but la crainte et celle d'après, l'espoir.


La Vierge ne pouvait, au reste, se dédire. Elle avait accepté la lourde tâche que lui avait léguée Jésus, celle d'élever l'enfant née sur le lit de la croix. Elle la recueillit et, pendant vingt-quatre ans, dit saint Epiphane, pendant douze ans, affirment d'autres saints, elle veilla, ainsi qu'une douce aïeule, sur cet être débile que, nouvel Hérode, l'univers cherchait de toutes parts pour l'égorger ; elle forma la petite Eglise, lui enseigna son métier de pêcheuse d'âmes ; elle fut la première nautonière de cette barque qui commençait à gagner le large sur la mer du monde ; quand elle mourut , elle avait été Marthe et Marie ensemble ; elle avait réuni le privilège de la vie active et de la vie contemplative ; ici bas ; et c'est pourquoi, l'Evangile de la messe du jour est justement emprunté au passage de saint Luc, racontant la visite du Christ dans la maison des deux soeurs. 


Sa mission était donc terminée. Remise entre les mains de saint Pierre, l'Eglise était assez grande pour voguer, sans touage, seule.

 

La Douleur qui ne s'était pas séparée de Marie, durant cette prériode, dut alors s'enfuir ; et en effet, de même qu'elle avait été absente, au moment des couches de Notre-Dame, de même elle se retira lorsque l'instant de la mort fut venu. La Vierge ne mourut, ni de vieillesse, ni de maladie ; elle fut emportée par la véhémence du pur Amour ; et son visage fut si calme, si rayonnant, si heureux, qu'on appela son trépas la Dormition.


Mais avant d'atteindre cette nuit tant souhaitée de l'éternelle délivrance, par quelles années de tourments et de désirs, elle passa ! car étant femme et mère, comment n'aurait-elle pas convoité d'être enfin débarrassée de son corps qui, si glorieux qu'il fut d'avoir conçu dans ses flancs le Sauveur, ne l'en attachait pas moins à la terre, ne l'empêchait pas moins de rejoindre son Fils !


Aussi, pour ceux qui l'aimèrent, quel bonheur ce fut de la savoir enfin exonérée de sa geôle charnelle, resuscitée, telle que le Christ, couronnée, trônant, si simple et si bonne, loin de nos boues, dans les régions bienheureuses de la Jérusalem céleste, dans la béatitude sans fin des Empyrées !

 


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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 13:17

huysmansste Lydwine de Schiedam

 

 

...ce médecin qui, après avoir lu Sainte Lydwine, écrivit à Huysmans que les théories exprimées dans ce livre rendaient suspects, du point de vue moral et spirituel, les efforts de tout praticien catholique. Huysmans répondit "qu'on ne guérit et ne trépasse que selon l'expresse volonté de Dieu", qui choisit d'ailleurs ses "moyens d'épreuves" et peut "substituer des peines morales qui achéveront ce que les peines corporelles ont commencé". Si une somme de souffrance doit être versée, peu importe la "monnaie", car le grand créancier trouverait toujours un moyen de se faire rembourser. "Il est certain, ajoute l'écrivain, que cette partie du catholicisme : de l'expiation et de la souffrance, n'est guère enseignée par le clergé, de peur de faire prendre la fuite aux gens ; elle est pourtant la seule vraie, celle qui découle du Calvaire ; elle est la pure théologie mystique, en un mot."

Cahiers de l'Herne - Huysmans 1985 (lettre au Dr Gabriel Leven)


 

Extrait Sainte Lydwine de Scheidam, Editions Plon 1901 :


"A ces femmes, qui en accusant la cruauté du ciel, pleuraient à chaudes larmes sur leurs infirmités ou les traverses de leur ménage, elle devait répliquer : lorsque vous êtes en bonne santé ou lorsque votre mari ou vos enfants ne vous tourmentent point, vous ne pratiquez plus. Combien de prêtres, assaillis, pendant des mois, à leur confessionnal, par des troupes de pénitentes consternées, s'en voient, tout à coup, un beau matin, débarrassées ! et point n'est besoin de s'enquérir des causes de ces désertions ;ces femmes s'éloignent du Sacrement, tout simplement parce que leur sort a changé, parce qu'elles ne sont plus malheureuses ; l'étonnante ingratitude de la nature humaine est telle ; dans leur bonheur, Dieu ne compte pas. Si toutes ses brebis étaient et fortunées et valides, le bercail serait vide ; il sied donc que, dans leur intérêt même, le Berger les ramène et il n'a d'autre moyen, pour les rappeler, que de leur dépêcher ses terribles chiens de garde, les maladies et les revers.


A ces hommes qui navrés du déchet de leur santé ou désolés par des calamintés de toute sorte, s'irritaient, reprochaient au Créateur leur malechance, elle devait aussi répondre : vous ne revenez à Jésus que parce que vous êtes maintenant dans l'impuissance de continuer vos ripailles et de pressurer, sous couvert de commerce, votre prochain. Vous ne lui apportez que les ruines de vos corps, que les décombres de vos âmes, que des résidus dont personne ne voudrait. Remerciez le donc de ne pas les rejeter ; vous vous alarmez de souffrir, mais il convient au contaire de vous en aduler ; plus vous pâtirez içi bas et moins vous pâtirez, là-haut ; la douleur est une avance d'hoirie sur le purgatoire ; mettez-vous bien dans la tête que la miséricorde du Sauveur est si démesurée qu'elle emploie les plus minimes bobos, les plus minuscules ennuis au paiement des plus inquiétantes de vos dettes ; rien, pas même une migraine n'est perdu ; si Dieu ne vous frappait pas, vous persisteriez à être, jusqu'à l'heure de votre mort, insolvables ; acquittez vous donc..."

 

Chute sur la glace

Jan Dunselman

Sainte Lydwine, la chute sur la glace

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 13:05

à Honfleur...

retrouvez la librairie Olvrat


le samedi 5 juillet 2014

au

Salon du livre et des métiers du livre


"Les chemins de lecture"


Grenier à Sel


10h - 18h

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 14:17

 

 Entrées clownesques

 

 

Napoléon III annonça dans son discours de rentrée des Chambres, en 1863, un projet d'abolition des privilèges des théâtres, qui entra dans les faits l'année suivante (...)

Aux termes du premier de ces décrets, aucun théâtre ne pouvait s'établir à Paris sans autorisation, et les grandes villes de l'Empire ne pouvaient en compter plus de deux. (...)

 

Trois théâtres nouveaux furent admis. Le Théâtre de la Porte Saint Martin obtint l'autorisation de reprendre ses représentations avec un répertoire plus restreint, composé d'exercices d'acrobates et de lutteurs, de tableaux historiques, de parades militaires et de prologues parlés à deux personnages. Il prit le nom de "Jeux Gymniques" (...).

Le Théâtre du Cirque Olympique, à cheval si l'on peut dire sur le genre théâtrale et les spectacles dits de curiosité (on dit aujourd'hui Variétés) obtint l'autorisation de présenter des minodrames, pièces dans lesquelles devaient obligatoirement figurer des excercices équestres, à côté de numéros savants, d'adresse et de force, de bouffons et de sauteurs. (...)

Les spectacles de curiosité, considérés comme des attractions sans valeur du point de "culturel" (marionnettes, automates, panoramas, ombres chinoises, figures de cire, acrobates et danseurs de corde, pantomines-arlequinades, ect), ne devaient rappeler en aucune manière ce qui ressortit au théâtre dramatique (...)

Le Théâtre de la Gaité devait s'en tenir à la pantomine, à l'arlequinade et à la farce (...). Alors les petits spectacles élargirent leur domaine au nom de la liberté, et jouèrent des vaudevilles légers, plus accessibles aux spectateurs que la pantomine (...).

En 1864, la loi sur la liberté des spectacles ouvre le cirque sans restriction, à la comédie dialoguée. Apanage du clown britannique dans les cirques français, la charabia n'est plus de rigueur comme élément d'un comique de mots ; le comique de situation peut se greffer sur le comique de gestes et d'attitudes, la poursuite acrobatiques peut céder la place à la comédie dialoguée sans que l'on ait à craindre un rappel à l'ordre des autorités (...).

 

Le clown "au costume chargé de rubans qui faisaient autour de sa jubilante personne l'office des plumes et du duvet autour des oiseaux ou de la fourrure autour des angoras (la description est de Baudelaire) avait procédé à des recherches vestimentaires qui, croyait'il, enrichissaient ses qualités personnelles. Il en allait du costume comme du décor et des "trucs" de la mise en scène : le clown cachait l'indigence de ses moyens sous la profusion des étoffes. Comme les fous du carnaval, il surchargeait ses souquenilles de grelots et de sonnettes, et se couvrait de perles et de paillettes, fruits verts, entortillés de fibres de couleurs (...)

 

Pourquoi donc les entrées clownesques n'ont-elles jamais été fixées par écrits ? Gageons que les clowns évitèrent d'en laisser une trace trop facilement utilisable. A cette méfiance, bien compréhensible dans une corporation où le plagiat est la règle, s'ajoutait d'ailleurs le manque d'instruction. Longtemps les familles de cirque négligèrent de faire instruire des enfants dont le travail sous le chapiteau leur était utile (...) tous les minodrames et pantomines équestres du Cirque Olympique ont été édités en brochures ainsi que les pantomines-arlequinades, dialoguées ou non, représentées par les danseurs de corde et les acrobates. Ces brochures, qui se vendaient dans la salle, s'adraissaient plus à la clientèle de passage qu'au public lettré. On se les procure aujourd'hui difficilement.

 

Entrées clownesques

Tristan Rémy

Editions L'Arche - 2004




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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:42

andré suarès 1Suarès 2

 

Lumière au coeur de la Gemme

Ravenne


(...) Rues désertes, pavées de cailloux qui s'étoilent de flaques noires. L'herbe pousse entre les dalles. Les murs ont la lèpre verte. Aux carrefours, des cercueils en guise de bornes, et des sarcophages. Ravenne est vide. Des murailles sans fin, des couvents sans moines, des palais sans joie qui sont, peut-être, des prisons. Beaucoup d'arcs aveuglés dans les ruelles tortueuses; et ces portiques ont l'air infirme. Hauts et ronds, les clochers veillent au flanc des églises, en cierges funèbres. Sous le poids de leur plein cintre, les édifices entrent dans la terre cancéreuse jusqu'aux genoux. Les vieilles tours branlent, comme les bras d'un prêtre centenaire au lever-Dieu, sous la ruée de l'averse oblique. Un désert règne entre les quartiers habités et les remparts. Telle la mort glace d'abord les extrémités, la vie s'est retirée peu à peu vers le centre ; mais le coeur aussi tremble à demi gâté. La taciturne est ensablée. Je me rappelle la Darse étroite et longue, et sept barques moroses sur l'eau pourrie. Au loin, une barre sur le ciel, comme de la fumée noire. On se promène dans Ravenne, avec une sorte d'ombre, l'idée qu'on marche sur une autre Ravenne engloutie (...)


Voyage du Condottière

Vers Venise, Fiorenza, Sienne la Bien-Aimée

André Suarès

Editions Granit 1986

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 17:30
La légende de Monsieur De Buffon par Rémy de Gourmont

(...) Bexon, homme d'une intelligence assez ordinaire, écrivait avec feu. Il avait beaucoup d'imagination, une grande facilité et des tendances au poétique. Ce qui ennuyait surtout Buffon, homme de science et philosophe, c'étaient les descriptions. Il en avait chargé Daubenton pour les quadrupèdes ; Guéneau et Bexon l'en débarrassèrent pour les oiseaux. Buffon donnait à son secretaire des notes, avec des conseils, peut être un plan ; Bexon mettait les notes en littérature, et Buffon revoyait, corrigeait à maintes reprises jusqu'à ce que la plus grande exactitude fut obtenue, exactitude noble et de goût, mais avant tout scientifique (...)

Buffon est un grand savant, en même temps qu'un grand écrivain. C'est en savant et en écrivain qu'il corrige les feuillets de ses collaborateurs, Guéneau de Montbéliard, Daubenton, Bexon. Les premiers tomes des Oiseaux sont de Guéneau en grande partie et c'est à Bexon qu'il faut faire l'honneur des tomes six à neuf (...)

 

A l'Albatros, Bexon avait débuté par un préambule de vingt-cinq lignes : "Sur cette mer immense qui s'étend...sur ces mers vastes, orageuses, terribles... ce pôle où la terre engloutie, submergée, laisse l'antique océan régner seul, plages perdues pour la moitié de la nature vivante et qui ne connaissent d'habitants que ceux qui roulent leur masse sous les vagues ou qui, plus hardis, se jouent avec les vents à leur surface. De ces derniers, l'oiseau appelé Albatros est le plus remarquable comme le premier en grandeur entre les oiseaux de mer..."

 

Le morceau n'est pas des plus mauvais ; il ferait avec quelques retouches un bon modèle d'ampleur pour M. Albalat, et le Buffon de la légende aurait pu en être loué dans les choix de lectures. Le vrai Buffon rature toutes ces belles phrases, et, dédaigneux d'être ample, commence ainsi brusquement : 

"Voici le plus gros des oiseaux d'eau, sans même en excepter le cygne, et, quoique moins grand que le pélican ou le flammant, il a le corps bien plus épais..."

 

Le problème du style

Rémy De Gourmont

Mercure de France 

 

D'autres ouvrages de Rémy De Gourmont

disponibles à la Librairie :


Promenades philosophiques,

Lettres à L'Amazone,

Le chemin des voleurs,

Esthétique de la langue française,

Dialogue des amateurs sur les choses du temps (1905-1907) et (1907-1910),

Epilogues (1895-1898) (1899-1901) et (1905-1912),

Les chevaux de Diomède,

Pays lointain,

Couleurs,

Une nuit au Luxenbourg,

La culture des idées,

Songe d'une femme,

Histoires magiques


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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 17:33

Nansen 2Nansen 1

Société Normande de Géographie

Bulletin de l"année 1897

Récéption de Fridtjof Nansen

Rouen 1897

 

Conférence du Docteur Nansen

 

Monsieur Le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

Permettez-moi d'abord de réclamer toute votre indulgence, j'en ai besoin, car votre langue ne m'est pas familière et je crains que le sujet ne vous paraisse d'une monotonie désespérante. Pendant trois ans je n'ai vu que des glaces, des glaces et toujours des glaces.

Néanmoins, c'est avec confiance que je me présente devant vous, car je sais que les français ne ménagent pas leurs applaudissements et leurs encouragements à toutes les entrteprises et à tous les efforts individuels capables de reculer le domaine de l'inconnu (...)

Le voyage que je vais avoir l'honneur de vous raconter n'avait pas que le Pôle pour objectif. Comme je l'avais dit, je me proposais tout simplement d'entreprendre une exploration scientifique de l'immense désert qui occupe les extrémités septentrionales de notre monde(...) Je fis contruire un bateau d'une force nouvelle capable de résister aux plus grandes pressions de la glace, qui à coup sûr seraient dures. Et à ce bâtiment, qui devait nous protéger dans la lutte contre les banquises, je donnais le nom de Fram, qui signifie "en avant" (...)

Le 24 juin, je quittais la Norvège avec 12 vigoureux compagnons et nous fimes voile vers les îles de la Nouvelle-Sibérie, par la mer de Kara. Désormais pendant plus de trois ans nous allions être séprarés du reste du monde (...).

Abandonnant le 15 septembre la côte sibérienne, nous fimes route vers le nord pour entrer dans la zone des courants polaires. Au nord-ouest de la Sibérie la mer était libre, mais nous ne tardons pas à nous trouver en face de la banquise et, le 20 septembre, nous sommes définitivement bloqués par les glaces (...)

Cependant notre existence à bord était très confortable et nos provisions abondantes. La lumière électrique était produite, dans le salon, par une dynamo actionnée par un moulin à vent installé à l'avant du navire. En sorte que toutes les heures qui n'étaient pas employées à faire des travaux manuels, ou à des excursions scientifiques, étaient passées à lire ou a jouer (...)

Le Fram résista victorieusement aux pressions de la glace. Des ours venaient autour de notre navire et chaque fois ils payèrent de leur vie cette audacieuse visite (...)


Nansen 3


Le 14 mars 1895, suivi d'un seul compagnon, le lieutenant Johansen, je quittais le Fram pour me diriger vers le nord, nous prenions avec nous 3 traînaux et 28 chiens (...) pendant trois semaines le thermomètre resta à 40 degrés au dessous de zéro. Pour nous protéger contre une pareille température nous n'avions que le frêle abri de nos vêtements de laine qui étaient recouverts d'une couche de glace telle qu'a chaque instant le frolement de la manche contre le poignet nous causait de cruelles blessures. (...)

Après trois semaines de terribles épreuves, nous fumes arrêtés par la banquise qui était devenue impraticable. Nous étions alors à 418 kilomètres du Pôle. (...) Le 8 avril, nous bâtimes en retraite vers la terre François-Joseph. (...) Nous décidons à hiverner. Nous construisimes une hutte avec de la glace, du sable et de la mousse (...) Pendant une année, nous vécûmens entièrement du produit de notre chasse. (...) le 7 août nous embarquions à bord du navire le Windward, qui nous conduisait à Vardo et le 13 août nous débarquions dans notre chère Norvège (...)

D'abord nos levées géographiques ont mofifié l'aspect sous lequel les cartes représentaient les côtes du nord de la Sibérie, puis celles de l'archipel François-Joseph. En second lieu, pendant trois ans, par les froids les plus terribles, nous avons noté une série complète d'observations météorologiques ; enfin nous avons étudié la grande loi de la circulation des eaux (...)

 

Permettez moi de vous adresser du fond du coeur mes plus vifs remerciements pour la chaude réception que vous avez bien voulu ménager à l'homme de glace

 

Nansen 4

Le Fram

 

Point n'est besoin de dire que pendant la lecture de ce manuscrit le conférencier fut maintes fois interrompu, tant par les frémissements d'épouvante que faisait naître dans l'esprit des auditeurs le récits des souffrances endurées par les deux compagnons, que par les applaudissements frénétiques qu'il faisiat éclater. A deux reprises différentes, pendant la conférence, de nombreuses et fort belles projections à la lumière électrique représentèrent à l'auditoire, mieux que pourraient le faire les plus fidèles descriptions, des scènes nombreuses des aventures et des péripéties du périlleux voyage.

 

Nansen 5

Illustrations de cet article tirées de l'ouvrage

Un héros de la science moderne

NANSEN

par Gustave Vallat

Ed Mame 1899

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Published by librairieolvratchristine - dans Arctique
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:45

Au coeur du centre historique

à deux pas de l'Eglise Sainte Catherine

 

OLVRAT Christine

Bouquiniste

 

40 rue des Lingots 

14600 HONFLEUR

 

40 rue des lingots honfleur 1

 

Livres anciens et modernes

 

Littérature

Histoire, géographie

Arts

Traditions populaires

Récits de voyage

Lithographies, dessins, gravures

 

 

Ouvert  du mardi au dimanche 10 h  -  18 h en période estivale

Ouvert le WE et jours fériés, périodes scolaires en basse saison

 

Contact : 06 47 93 17 11

 

40 rue des lingots honfleur 240 rue des lingots honfleur 3

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:31

Peuples de la terre 1Peuples de la terre 2

 

Le Grand Temple des Parsis n'est pas dans l'Inde ; il est sur les bords de la mer Caspienne, près de Bakou. Là le sol, imprégné de naphte, laisse couler des sources de bitume et répand des vapeurs inflammables, que l'on peut receillir, conduire par des tuyaux et brûler à la manière du gaz, produisant ainsi des feux qui semblent s'entretenir sans aucun aliment. Le Temple du Feu de Bakou contient sous sa coupole, sur des autels de pierre, plusieurs foyers ainsi mystérieusement alimentés ; d'autres flammes jaillissent au sommet même de l'édifice, parmi ses crénaux. les prêtres guèbres y célèbrent leurs offices, qui consistent en prières et prosternements, en hymnes chantés en choeur, d'une mélodie très douce et très religieuse, accompagnés des sons clairets de petites cymbales.


Les Peuples de la Terre

par Ch Delon

illustré de 88 gravures et 24 planches en couleurs

Librairie Hachette - 1891

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 15:54

Moeurs et Coutunes des Tziganes

Martin Block

Payot - 1936


Moeurs et coutumes Tziganes

 

Nos gens ont apporté en Europe, des Indes ou de l'Asie mineure, trois industries : celle du forgeron, celle du musicien et celle du trafiquant de chevaux. (...)

 

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Les Tziganes connaissent remarquablement tout ce qui concerne les chevaux ; comme maquignons, on craint leurs ruses ; en dépit des plus grandes précautions les autres populations en sont toujours victimes.

Il leur faut à tout prix acquérir l'étalon ou la jument qui leur plaît, dussent-ils le dérober en risquant leur vie. Le coup a-t-il réussi, ils "noircissent" au plus vite l'animal : par des moyens connus d'eux seuls ils lui font prendre les colorations les plus singulières ; plus tard seulement reparaîtra la nuance naturelle.

En mélangeant au fourrage une certaine poudre, ils peuvent donner au cheval le plus beau, l'aspect d'une lamentable haridelle. Sont-ils soupçonnés de l'avoir volé, toute enquête sera vaine, car personne ne saurait reconnaître l'animal sous sa forme nouvelle.  

N'a-t-on plus rien à craindre, on se met à traiter la bête de manière à lui rendre un poil luisant et toute sa belle allure primitive, sans qu'elle ait subi aucun dommage corporel. L'arsenic lui donnera des yeux étincelants. D'autres recettes servent à lui procurer une queue bien fournie, à belle courbure, ou une démarche légère.

On saura aussi, par des procédés cruels notamment usités pour ferrer les chevaux, dissimuler un temps une boiterie. On traite avec prédilection leur denture, on taille leurs dents en pointe acérée, pour les faire paraître jeunes ; à l'aide d'une alène de cordonnier, on perce des trous dans ces dents et on y insère du bois de bouleau qui présente la même coloration que les dents elles-mêmes. 

 

Les Tziganes réussisent le plus souvent à faire perdre à leurs chevaux les divers défauts qu'ils pouvaient d'abord avoir : ruer, mordre, sauter par dessus les traits, etc. Cette amélioration dure au moins quelque temps, tant qu'on même l'animal au marché, devant les paysans susceptibles de l'acheter.

 

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