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Bouquiniste En Normandie

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Livres anciens et modernes

St Domingue 3  

 

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  Indiens de la Floride tuant un crocodile

 


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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 13:07
Italo Calvino, un roi à l'écoute

Italo Calvino avait projeté un livre de récits groupés sous le titre "Les cinq sens". Il n'aura le temps d'en écrire que trois ; "Le nom, le nez", "Sous le soleil de Jaguar" et "Un Roi à l'écoute" :

Le palais est le corps du Roi. Ton corps t'adresse de mystérieux messages, que tu reçois avec un sentiment de crainte, d'anxiété. Dans une partie méconnue de ce corps, se niche une menace, ta mort est déjà là, à l'affût, les signaux qui te parviennent t'avertissent sans doute d'un danger enseveli  à l'intérieur de toi. Ce qui est assis de guingois sur le trône, ce n'est pas ton corps, tu es privé de son usage depuis que la couronne a ceint ton chef, désormais, ta personne a les dimensions de cette maison sombre, étrangère, qui te parle par énigmes. Mais quelques chose a-t-il vraiment changé ? Même auparavant, tu ne savais que peu de chose ou rien de ce que tu étais. Et tu en avais peur, comme à présent. (...)
Il n'y a plus de palais autour de toi, il n'y a qu'une nuit pleine de hurlements et de détonations. Où es-tu ? Es-tu encore vivant ? As-tu échappé aux auteurs de l'attantat qui ont fait irruption dans la salle du trône ? L'escalier secret t'as-t-il ouvert le chemin de la fuite ?
La ville a explosé, cris et flammes. La nuit a explosé, s'est renversée sur elle-même. Le silence et l'obscurité s'abîment en eux-mêmes et rejettent leur envers de feu et de hurlements. La ville se recroqueville comme une feuille qui brûle. Cours, sans couronne, sans sceptre, personne ne peut s'apercevoir que tu es roi. Il n'y a pas de nuit plus sombre qu'une nuit d'incendie. Il n'est pas d'homme plus seul que celui qui court au milieu des hurlements d'une foule.

Italo Calvino, un roi à l'écoute
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 21:09
La leçon de comédie, entretiens avec Michel Bouquet

"La servante, chez Molière, c'est la sainte laïque, celle qui est sainte gratuitement sans avoir besoin de mystère sacré pour s'exalter, mais qui fait simplement sa besogne, et qui dans l'exercice de sa besogne, acquiert un équilibre. Cet équilibre et le fait de ne pas penser à soi mais de penser aux autres donnent à ces personnages, une sorte de grandeur, une sorte de normalité supérieure qui émeut et qui rend évidemment les bizarreries des personnages qui sont autour tout à fait inquiétantes"
La leçon de comédie, Michel Bouquet, entretiens avec Jean Jacques Vincensini, Ed Séguier 1988.

 

La leçon de comédie, entretiens avec Michel Bouquet
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 21:48
Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
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Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
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Petit florilège d'illustrés modernes
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Petit florilège d'illustrés modernes
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Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
Petit florilège d'illustrés modernes
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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 22:02

Dans un pays ravagé par la guerre, deux enfants jumeaux abandonnés à eux-même font seuls l'apprentissage de la vie...

AGOTA KRISTOF, Le grand Cahier

Exercice d'endurcissement de l'esprit

Grand-mère nous dit :
- Fils de chienne !
Les gens nous disent :
- Fils de Sorcière ! Fils de pute !
D'autres disent :
- Imbéciles ! Voyous ! Morveux ! Anes ! Gorets ! Pourceaux ! Canailles ! Charognes ! Petits merdeux ! Gibier de potence ! Graines d'assassin !
Quand nous entendons ces mots, notre visage devient rouge, nos oreilles bourdonnent, nos yeux piquent, nos genoux tremblent.
Nous ne voulons plus rougir ni trembler, nous voulons nous habituer aux injures, aux mots qui blessent.
Nous nous installons à la table de la cuisine l'un en face de l'autre et, en nous regardant dans les yeux, nous disons des mots de plus en plus atroces.
L'un :
- Fumier ! Trou du cul !
L'autre :
- Enculé ! Salopard !
Nous continuons ainsi jusqu'à ce que les mots n'entrent plus dans notre cerveau, n'entrent même plus dans nos oreilles.
Nous nous exerçons pour de cette façon une demi-heure environ par jour, puis nous allons nous promener dans les rues.
Nous nous arrangeons pour que les gens nous insultent, et nous constatons qu'enfin nous réussissons à rester indifférents.
Mais il y a aussi les mots anciens.
Notre mère nous disait :
- Mes chéris ! Mes amours ! Mon bonheur ! Mes petits bébés adorés !
Quand nous nous rappelons ces mots, nos yeux se remplissent de larmes.
Ces mots, nous devons les oublier, parce que, à présent, personne ne nous dit des mots semblables et parce que le souvenir que nous en avons est une charge trop lourde à porter.
Alors, nous recommmençons notre exercice d'une autre façon.
Nous disons :
- Mes chéris ! mes amours ! Je vous aime... Je ne vous quitterai jamais... Je n'aimerai que vous... Toujours... Vous êtes toute ma vie.
A force d'être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu'ils portent en eux s'atténue.

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:27
Emile ZOLA aux éditions BOUQUINS

Emile ZOLA aux éditions BOUQUINS, ensemble de 6 volumes en bon état, complet, à saisir...

DICTIONNAIRE D’EMILE ZOLA
Sa vie, son oeuvre, son époque suivi du Dictionnaire des Rougon-Macquart par Colette BECKER et Gina GOURDIN-SERVENIERE

LES ROUGON-MACQUART - T1 :
La fortune des Rougon, la curée, le ventre de Paris, la conquête de Plassans

LES ROUGON-MACQUART - T2 :
La faute de l'abbé Mouret, son excellence

LES ROUGON-MACQUART - T3 :
Nana, Pot-Bouille, Au bonheur des dames, La joie de vivre

LES ROUGON-MACQUART - T4 :
Germinal, L'oeuvre, La terre, Le rêve

LES ROUGON-MACQUART - T5 :
La bête humaine, l'argent, la débâcle, le docteur Pascal

Valeur neuf : 170 euros, vendu 80 euros, à saisir rapidement !

Emile ZOLA aux éditions BOUQUINSEmile ZOLA aux éditions BOUQUINS
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 20:22

Le Monde est au Risque
GEORGES BERNANOS 1938

"Il est certain que le seul amour de l'argent n'a jamais fait que des maniaques, des obsédés que la société connaît à peine qui geignent et pourrissent dans les régions ténébreuses, ainsi que des champignons de Paris. L'avarice n'est pas une passion, mais un vice. le monde n'est pas vicieux, comme se l'imaginent les chastetés torturées. Le monde est au Risque. Il y a là de quoi faire éclater de rire les Sages dont la morale est celle de l'épargne. Mais s'ils ne risquent rien eux-mêmes, ils vivent du risque des autres. Il arrive aussi, grâce à Dieu, qu'ils en meurent. Tel ingénieur obscur décide brusquement à l'ahurissement de ses proches, qu'il fabriquera désormais un oiseau mécanique, tel coureur cycliste, à l'heure du Vermouth, parie de piloter une si curieuse machine et il ne faut pas plus de trente ans pour que les Epargnants reçoivent sur la tête, tombant du ciel, des bombes de mille kilos. Le monde est au risque. Le monde sera demain à qui risquera le plus, prendra plus fermement son risque. Si j'avais le temps, je vous mettrais volontiers en garde contre une illusion si chère aux dévots. Les dévots croient volontiers qu'une humanité sans Dieu comme ils disent - sombrera dans l'excès de la débauche - pour parler toujours leur langage - Ils attendent un nouveau Bas-Empire. On peut croire qu'ils seront déçus."

Bernanos, le monde est au risque
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:30
Comtesse de Noailles, Anna de Brancovan
Comtesse de Noailles, Anna de Brancovan
Comtesse de Noailles, Anna de Brancovan

Nouveautés à la librairie aujourd'hui :
Comtesse de Noailles, Anna de Brancovan
- Les Eblouissements, Ed Calmann Levy 1925, ex n°578/1850 sur vélin du marais, 20e
- Poèmes d'Enfance, Ed Les Amis des Cahiers Verts Grasset, 1928, Ex n°1363/3300 sur Alfa, orné de 4 portraits inédits de l'auteur, 15e

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:26
Guéris-le, papa, guéris-le vite !

à Coecillian,

Bruxelles, avenue des Villas, 4 avril 1895

Une petite croix de bois noir sur laquelle lamma-sabacthanise un christ de plomb append au mur de la chambre familiale.

Miroir salutaire où s’amendent, aux heures malignes, mes laideurs morales, ce Jésus nous a de Paris suivis en exil entre le savon et la poudre de riz ; on y tient comme à un brin de patrimoine ; et puis, alors que mon fils cadet Lorédan n’aime encore que son biberon brandi en sein arraché à une amazone qui serait de verre, Coecilian, son frère, de deux ans plus âgé, s’est pris d’amitié pour l’icône qu’il traite en poupée.

Afin de prévenir ses pleurs, à la longue il m’a fallu décrocher le crucifix et le confier à Coecilian, qui le dorlote avec des histoires, le mouche, l’enjuponne de chiffon, l’installe dans sa minuscule charrette de sapin pour un tour au jardin où saigne la groseille et lui demande : « as-tu bobo ? » quand, au détour prompt de l’allée de graviers, le convoi bascule et tombe — hélas, plus de trois fois !

Tout à l’heure un incident tragique.

La chère image, Lian l’a par mégarde laissé choir du rez-de-chaussée aux offices du sous-sol, par la cage de l’escalier.

Je bondis vers les cris puérils.

La croix en deux, le christ décloué et tordu, le joujou sacré gît sur les dalles, en bas, parmi le trop-plein d’eau boueuse repoussée de la buanderie dans le couloir par le balai à serpillière.

— « Petit Zésus bobo ! » brame le désespéré manneke.

Le consoler, comment ?

— « Guéris-le, papa, guéris-le vite ! »

Je descends recueillir l’auguste désastre et m’apprête à le réparer de mon mieux. Approvisionné d’une éponge, de clous de tapissier, d’un marteau, d’un canif, me voici travaillant sous la giboulée de mon fils anxieusement penché sur moi.

D’abord je rétablis le malléable dieu recroquevillé en scarabée foudroyé, j’étire les bras et les jambes, je repenche la tête historiquement, puis je lave le divin visage et, comme la plaie du flanc est gavée de boue, j’ôte la menue motte avec la pointe du canif.

Maintenant je cloue.

— « Tloue bien, papa, tloue bien ! »

Le moindre jappement du marteau provoque un hoquet d’allégresse dans la gorge de Lian qui me passe, un à un, les clous légendaires.

Là, vraiment, j’applique à recrucifier le Sauveur une maîtrise dont je m’ignorais capable, aussi bien présumé-je une telle science innée à l’homme et ne suis-je pas éloigné d’accorder à chacun le talent de savoir, à ses heures et sans apprentissage, « tourmenter le divin », puisque moi-même, poète inhabile, je me découvre inopinément des doigts dont on dit qu’ils sont de fée. Les paumes nazaréennes sont reclouées mieux que dans le temps ; quant aux pieds réunis, le travail est à ce point parfait qu’on croirait y être et que cela tire à mon naïf complice des fusées d’admiration. En outre je crois bien — hallucination ? — que, à chaque coup, là-haut soupirait la Mère aux Sept Douleurs.

Oh ! le spectacle fut aussi complet qu’au Calvaire ! Nul détail omis, pas même les jurons jaillis de la fatigue — est-il en effet rien de plus pénible que les besognes délicates, disons de réduction ? — et certes j’ai blasphémé comme un centurion de César.

L’atavisme enchaîne la vie et, sans doute, les hommes, eûmes-nous chacun quelque ascendant au Golgotha.

On a ça dans le sang.

Ne crucifie-t-on pas la Beauté tous les jours ?

Et l’éternel enfant Humanité s’amuse à ces drames énormes.

Saint Pol Roux - Crucifiement

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 20:34
Un vistemboir, qu’est-ce au juste ?

Marcel Ledieu, concierge rue Belle Venette a découvert dans l'héritage de sa tante un objet bizarre : un drôle de machin qui se refuse à révéler son nom et son usage. Voulant tirer la chose au clair, le concierge entreprend de laborieuses démarches avec un locataire qui s'intéresse vivement à ce problème d'indentification. Finalement le machin dévoile son nom. Il s'agit d'un vistemboir ; mais qu'est-ce au juste ?

"Marcel répondit que la tante Noémie était une ancienne garce, au sens poule du mot, mais qu'elle avait toujours eu le culte de la famille.

- Il n'y a pas de mal ; toute belle grande famille a besoin d'une garce par génération (...)

En s'éloignant M. Guesdon salua la concierge qui rentrait de commissions, mais madame Ledieu répondit à peine, le regard tendu vers le fond de la cour où elle venait d'apercevoir son mari. Pour des raisons à elle, madame Ledieu n'avait jamais aimé la défunte et le coup d'oeil sur la voiture à bras n'arrangeait guère la mémoire de Noémie Bizouer. Du vivant de sa tante, Marcel acceptait bien qu'on mêdit un peu la courtisane repentie, mais à présent il eût admis qu'on lui vouât un culte et trouvait singulier que madame Ledieu ne désarmât pas. Tout en sifflotant il déchargeait son modeste héritage (...) une cafetière de Limoges intacte, une pendulette de voyage qu'il venait de mettre à l'heure, six cartons de bigoudis neufs, un petit arlequin de biscuit avec sa mandoline de bronze et une statuette de la petite Thérèse. (...)

- Des bigoudis tout neufs, dit Marcel, il y en a six cartons d'une demi-douzaine.

- Six cartons, ricana l'épouse, oui, dans ce milieu là, faut que ça frise. (...)

- Et cette pendule, elle n'est pas mignonne ?

- De drôles d'heures qu'elle a dû marquer (...)

Marcel écarta l'arlequin pour mettre en valeur la petite soeur Thérèse :

- Et ça non ? C'est plus pareil. Faut être juste quand même.

- Les rapports entre la soeur Thérèse et la tante Noémie ne me regarde pas et je te demande de laisser la religion tranquille, n'est ce pas ? (...)

- Et voilà le bouquet !

- Qu'est ce que c'est encore que ce machin-là, fit madame Ledieu en fronçant le sourcil ?

- Je ne sais pas, dit Marcel, mais ça n'a pas l'air mal.

- A quoi ça sert ?"

Marcel Ledieu et Monsieur Guesdon, ont cru un instant qu'il s'agissait d'une machine à évaluer la c....ie.

L'accordéoniste aveugle rencontré au marché aux puces de Saint Ouen identifiera l'objet - "Nous autres, dit-il en se levant, nous n'avons ni besoin ni envie de savoir l'intention et la raison de tous les objets fabriqués par les voyants. Vous nous mettez devant le fait accompli et on se débrouille avec. J'ai reconnu un vistemboir, à vous de vous débrouiller avec".

Le Machin - Jacques Perret

Gallimard 1955

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 13:11
Le Portrait de Dorian Gray

Ce conte fantastique qualifié de “littérature lépreuse” sera interdit de publication en Angleterre. Il sera pourtant traduit et publié dans de nombreux pays.

Certains y verront l’influence de Huysmans et d’A Rebours. Oscar Wilde dans son chapitre X, fera de ce roman (sans le nommer), le livre de chevet de Dorian Gray. Son personnage découvrira dans la personnalité du dépravé parisien Des Esseintes, “une préfiguration de lui-même”.

L’ouvrage antipathique devenait français. De ce fait, l’impression d’immoralité que Wilde voulait qu’il dégageât, se trouvait, pour le lecteur anglais, décuplé. Mais à l’intérieur du chapitre, le romancier juxtaposa avec adresse les expériences d’A Rebours et une version, toute personnelle, de la philosophie patérienne. Le mélange est contradictoire plus qu’a demi. Car la recherche des sensations, telle que Dorian Gray, après Pater, la définit, est un équilibre spirituel entre l’ascétisme qui “atrophie les sens”, et “le libertinage vulgaire qui émousse”. Mais cet équilibre paraît compromis, quand le héros se plonge dans ces orgies de pierres précieuses et de parfums, ces rêveries fiévreuses devant les portraits d’ancêtres tarés, où Des Esseintes, lui aussi, s’était compu : orgies symboliques, puisque la réprobation sociale dont le chapitre nous montre l’eveil autour des actes de Dorian Gray, suggère que le héros court précisément un très grand risque de voir ses propres sens s’émousser.”

R. Merle Thèse 1848 - Walter Pater “Renaissance” (cf le culte du beau)

Extrait chap X et XI : “C’était un livre empoisonné. Autour de ses pages flottait un lourd parfum d’encens qui troublait le cerveau. (...) au fur et à mesure des chapitres, une sorte d’engourdissement, une rêverie maladive, qui lui enlevait toute conscience de la tombée du jour et du glissement furtif des ombres. (...) Pendant des années, Dorian Gray ne put s’arracher à l’influence de ce livre. Plus exactement peut-être, disons qu’il n’essaya jamais de s’y soustraire. Il fit venir de Paris jusqu’à neuf exemplaires de l’édition originale, sur grand papier ; et par des reliures de tons différents, il tenta de les assortir à ses diverses humeurs, aux caprices changeants d’une sensibilité sur laquelle il semblait parfois bien près d’avoir perdu tout contrôle. Le héros du roman, ce jeune et étonnant Parisien en qui le temprérament romantique et les goûts scientifiques formaient un si curieux mélange, lui devint comme une figure prophétique de lui-même. Le livre entier lui parut contenir l’histoire de sa propre vie, racontée avant d’avoir été vécue”. Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray.

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