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Bouquiniste En Normandie

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:15

Moi qui n'ai pas d'équilibre, je me suis réveillé funambule, hier matin, après une très bonne nuit. En ouvrant la fenêtre toute grande, j'ai vu la corde tendue jusqu'au tilleuil. Je n'en croyais pas mes yeux. Elle était là, cordon ombilical reliant le coeur de l'arbre à ma fenêtre.
Peut-on rêver meilleure relation ? Grâce à la magie d'un fil sur lequel j'irais danser, le tilleuil centenaire ne m'échapperait plus.
Je m'habillai. L'austère redingote m'allait comme un gant,. Je ressemblais à un hanneton. J'étais cet animal danseur qui se balance dans l'élégance des gestes et la maladresse de la grâce. Mon balancier de coudrier me servait d'ailes et le fil de piste d'envol. Je serais celui qui vibre sur l'unique corde d'un violon céleste. Glisser un pied devant l'autre sur le sentier que me tendait mon vénérable ami, peut-être le dernier que je pourrais parcourir, glisser sur le fil d'une tentation extrême, d'une joie du matin, du chant le plus aigu qu'il nous soit donné de connaître suspendu entre ciel et terre, glisser toujours plus loin et peut-être toujours plus haut. Moi qui n'ai vraiment pas d'équilibre...
Le Funambule, "Le Front Haut", Jean BOTQUIN 1999.

En ouvrant la fenêtre toute grande, j'ai vu la corde tendue jusqu'au tilleuil.
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 20:05

Je suis  verticale

Mais je voudrais être horizontale.
Je ne suis pas un arbre dont les racines en terre
Absorbent les niméraux et l'amour maternel
Pour qu'à chaque mois de mars je brille de toutes mes feuilles,
Je ne suis pas non plus la beauté d'un massif
Suscitant des oh ! et des ah ! et grimée de couleurs vives,
Ignorant que bientôt je perdrai mes pétales.
Comparés à moi, un arbre est immortel
Et une fleur assez petite, mais plus saisissante,
Et il me manque la longévité de l'un, l'audace de l'autre.

Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles,
Les arbres et les fleurs ont répandu leur fraîche odeur.
Je marche parmi eux, mais aucun d'eux n'y prête attention.
Parfois je pense que lorsque je suis endormie
Je dois leur ressembler à la perfection 
Pensées devenues vagues. 
Ce sera plus naturel pour moi, de reposer.
Alors le ciel et moi converserons à coeur ouvert,
Et je serai utile quand je reposerai définitivement :
Alors peut être les arbres pourront-ils me toucher, et les fleurs m'accorder du temps.

SYLVIA PLATH, je suis verticale
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 21:22
De Colette à PéguyDe Colette à Péguy
De Colette à PéguyDe Colette à PéguyDe Colette à Péguy


Deux petits livres joliment illustrés à découvrir à la Librairie Olvrat :

Colette, Belles Saisons, pastels et dessins de Vuillard, Ed Mermod 2sd éd Coll Bouquet.
Sainte Geneviève, Dix poèmes de Charles Peguy, illustré par Nathalie Parain, NRF 1951.

VENDUS

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 21:22
Georges Hugnet, Tout beau mon coeur
Georges Hugnet, Tout beau mon coeur

Historiographe de Dada, Georges Hugnet préface en 1934 la Petite Anthologie Poétique du Surréalisme. Durant quelques années, il participe à ce mouvement, à ses publications et à ses manifestations. Amitié avec Eluard. Relieur, il fait pour des amis quelques livres-objets.

30 euros

Un des 50 exemplaires signé sur papier de Hollande Pannekoek comportant quatre lithographies en couleurs de l'auteur. Les lithographies ont été tirées sur les presses d'Edmond et Jacques Desjobert. Les pierres ont été effacées après tirage.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:36
Le chaud jardin, Comtesse de Noailles

O mon jardin divin, j'écoute tes parfums

Flottants dans l'air doré qu'aucun geste ne fauche :

Voici l’abricotier, le muguet, l’œillet brun,

A droite les jasmins, et le lilas à gauche.

Sur la pelouse molle où le soir complaisant

Jette ses pâles bras, ton magnolia rose

Est juvénile et beau comme un roi de quinze ans

Qui sait déjà la force et l’orgueil de ses poses.

La sombre giroflée a sa rêveuse odeur

Qui délicatement comme un balcon avance ;

Voici l'acacia penché, dont la langueur

A la lune d'argent chaque nuit se fiance.

Arômes que je sens, que j'entends, que je vois,

Je m'élance, m'arrête, et m'enivre et m'enflamme !

Je souris, je réponds à d'invisibles voix ;

O jeune, jeune Amour, c'est donc ici ton âme !

Bonheur de tous les sens, plaisirs de l’odorat,

Flèches des clairs parfums qui percent un sein tendre,

Qui dilatent la gorge et desserrent les bras,

Et font que tout le corps sur l'amour veut s’étendre...

-Ah ! puisqu'un tel vertige au milieu du jardin

Me rend ce soir pareille à l'hésitante abeille

Qui ne sait quel rosier, quel iris ou quel thym

Plus chaudement l'attend, l'attire et la conseille,

Puisque je puis avoir tant d'âme et tant de feu,

Tant de magicienne et tendre poésie

Qu'on sente s'émouvoir et se parler entre eux

Les pétales des fleurs que mes doigts ont choisies,

Ne viendrez-vous jamais, ô cher bonheur humain

Qui serez aussi beau que mon jardin suave ?

Et ne pourrai-je pas vous prendre dans la main

Pour mieux vous voir, ma Joie ! et pour que je vous boive...

Comtesse de Noailles (1876 - 1933)

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:28
Le rire perdu

O passants, n’auriez-vous pas rencontré mon rire, par hasard ?

Fleur invisible de musique, il s’est esquivé de mon visage tantôt, et je le cherche en mon logis, dans toutes les demeures, au cours des rues, parmi les carrefours, dessus, dessous, à droite, à gauche, en bas, en haut, partout.

Vers où s’est-il enfui ?

Etait-il las du balcon monotone et restreint de mes dents ?

Le désir des aventures ?

À mes lèvres préféra-t-il les lèvres de l’Amante en allée ? ou quelles autres ? Un rire, s’il a des ailes, la bouche alors serait un peu la cage dont voudrait parfois s’émanciper ce rossignol de l’être.

Depuis j’épie la joie éparse : les écoliers roses, les paillasses des tréteaux, les soirs de salaire, les affiches heureuses, les gagnants de gros lots, les sorties de prison, enfin toutes les faces de la gaîté.

Mais, tous ces rires, ce n’est pas le mien.

À moins que mon rusé transfuge n’ait habilement troqué sa sorte contre une autre et déguisé d’une morphe imprévue son escapade, c’est pourquoi je le recherche aussi sous des transpositions bizarres.

En quoi donc put-il , de préférence, se cristalliser ou se volatiliser ?

Serait-il pas devenu :

Cette souris qui trottine menu sur mon tapis de prière ?

Ou ce chardonneret d’en face ?

Ou ce saphir de la dame qui passe ?

Ou le bouton de cuivre de ma porte ?

Ou les yeux du chat dans l’ombre ?

Ou cette tasse vieux Japon à famille rose ?

Ou cette essence de verveine ?

Ou cette joue de jeune fille ?

Ou ce bec allumé du trottoir ?

Ou cette vitrine d’orfèvre ?

Ou ce bouquet de corsage ?

Ou cette devanture d’horloger ?

Ou la lame de cet ouvrier coupant son pain ?

Ou cette cocarde à ce harnais de gala ?

Ou ce clairon de la caserne ?

Ou ce pendant d’oreille ?

Ou ce refrain de chanson ?

Ou cet arpège de mandoline ?

Ou ce bout de sein de nourrice ?

Ou ce bas de jambe retroussée ?

Ou cette octave de piano ?

Ou cette grappe de raisins ?

Ou cette pendeloque de cerises ?

Ou ce miroir ?

Ou cette étoile ?

Mais dites, s’il s’était converti en louis dans ma bourse vide ?

Ah ! Ce cri de marchande de quatre-saisons, si c’était lui ?

Eh ! S’il s’était blotti dans la flûte de ce mendiant des cours ?

Hélas ! Ce n’est toujours pas mon rire que je découvre en ce multiple carnaval des formes ! …

Oh reviens-moi, mon rire, oh reviens-moi ! Vois, je suis laid bien plus que si j’avais perdu toutes mes dents, car, toi loin, c’est la grimace de l’âme, et l’on me fuit pour ma face de pleurs. Reviens, ô mon rire, reviens ! Et si quelqu’un te m’a volé, malheur à ce larron s’il vient à m’apparaître avec toi-même entre les lèvres !

Quelqu’un, que ma pluie m’empêchait de distinguer, me dit :

- " Ton rire, poète, tu l’as toujours. Il ne t’a pas abandonné, seulement il a changé d’allure et s’est réfugié parmi tes larmes. Et c’est au fond la même chose en ce Pays des Peines où la félicité ne fut jamais qu’un deuil porté en rose. Ton rire était une larme travestie, comme ta larme est un rire masqué. Car c’est toujours de la douleur qu’on vit, la joie n’étant qu’une douleur exaspérée jusques à l’hystérie. "

Et je trouvai cela si précieux que je me mis à rire aux larmes.

Saint Pol Roux

La rose et les épines du chemin (1885 - 1900)

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 12:59
L'Andouille Impériale

Marcel Béalu, romancier, poète et libraire fut l’ami de Max Jacob, Jean Cocteau, Jean Follain, Luc Bérimont et René Guy Cadou. Il écrivit entre 1960 et 1979 Les Contes du demi-sommeil.

Extrait : La bouche ouverte

Yeux ronds, bouche ouverte, le petit bonhomme entra chez le Grand Charcutier Imprérial. Dans la poche sa main fermée tenait une pièce de dix francs. Le petit bonhomme se dirigea timidement vers le centre du magasin. Là, debout sur un échafaudage de saindoux, vrai chef-d’oeuvre d’architecture, était exposée l’Andouille Impériale, spécialité de la maison.

- Regardez ! Mais regardez donc sa bouche ! ... chuchota la plus jeune des vendeuses.

Cette demoiselle tenait la cuillère à pâté avec une élégance visible, l’auriculaire levé, et ses ongles étincelaient autant que les vitrines où s’alignait le menu fretin des Saucisses Royales, autre spécialité de la maison.

- S’il pouvait seulement fermer sa bouche ! répéta-t-elle, presque à haute voix, en lançant un regard éploré au gérant dont le buste massif trônait au-dessus de la caisse aussi blanche que le saindoux.

Tout était émail, nickel et rideaux blancs, chez le Grand Charcutier Impérial. Et le petit bonhomme, au milieu de cet univers éclatant, ressemblait à un mégot posé sur une assiette. Comme pour renforcer cette impression, le vide s’était fait autour de lui, l’essaim des vendeuses s’affairant plus qu’à l’accoutumée avec les autres clients depuis qu’il était entré. Et lorsqu’elles se croisaient, affectant mines graves, airs soucieux, le même bourdonnement s’échappait, glissait de leurs migonnes figures, luisantes pareilles à des derrières de petits anges :

- Comment lui fermer la bouche ?

Le fait est que cette bouche ouverte, ce trou noir dans la face livide, était absolument extraordinaire. On eût dit qu’elle se mesurait au monstre de tripailles ou, par quelque loi de l’attirance des gouffres, cherchait à précipiter dans le sien la proie monumentale.

Beaucoup de temps s’écoula - l’andouille restait merveilleusement en équilibre sur l’échafaudage de saindoux - avant que le géant se décide à tirer parti de l’événement. Beaucoup de temps encore - son visage restait merveilleusement impassible au sommet du buste imposant - avant qu’il condescende à reconnaître dans un fin sourire :

- Un vrai passe-boule !

Et, comme ennuyé de devoir vulgariser par la pratique une de ces lumineuses idées de discret humour et de fantaisie dont son génial cerveau se réservait l’exclusivité, il se pencha vers la plus proche des vendeuses :

- Dites à ce clochard que l’andouille coûte trois mille francs.

Yeux ronds, bouche ouverte, le petit crasseux - tenait toujours dans sa main crispée, au fond de sa poche, la pièce de dix francs. Tout en se dirigeant vers lui la vendeuse, chuchotant, fit le tour des comptoirs. Et les visages, pouffant ouvertement ou en sourdine, au fur et à mesure qu’elles passaient se tournaient automatiquement vers les yeux ronds, la bouche ouverte. Alors il sembla que retentissait dans le silence l’écho d’un croassement.

- Trois mille francs !

Et répondant à l’attente de tous, une sorte de couac se produisit pareil au bruit d’un couvercle qui retombe. Le petit bonhomme parut diminuer de moitié tandis que sa tête s’affaissait, bouche enfin refermée.

On put croire, après la détente générale, que la vie normale suivrait son cours. Nul n’avait vu, mêlé aux premières ombres du soir, le petit bonhomme - petit rentier, rebut loqueteux, vieux mégot - s’effacer, glisser jusqu’à la porte ; nul n’avait vu son bras, dans le magasin, qu’envahissait le crépuscule, lancer vers le seigneur de l’établissement la pièce de dix francs, nul n’avait vu l’innocent projectile s’enfoncer dans l’échafaudage de saindoux ; nul n’avait vu, au sein du socle de graisse, l’action de la pièce, chaude d’avoir été serrée longtemps par une main fiévreuse.

Mais ce que tout le monde vit, quelques instants plus tard, ce fut la plus jeune des vendeuses portant une lampe ; ce fut cette lampe, projetée à terre, enflammer les blancs rideaux, puis les employées jouflues, puis le gérant sur son trône, puis la boutique du Grand Charcutier, puis le ville entière.

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Published by librairieolvratchristine - dans Poésie